J’ai un goût amer, mais pas celui du celle, un goût plutôt d’amande, si tu te demandes. J’ai dans ma mémoire quelques-uns de tes cheveux, ils me chatouillent le nez quand tu dors. Cette odeur envoutante, mais sans le goût si tu le demandes, qui m’étourdis de toi si loin là-bas. Comment tranché cette distance, quel est en fait la différence, toi ici ou toi ici, quel des parties tu n’as pas comprises. C’est en tête que je m’entête à te garder ou à te regarder. Impossible d’y parcourir ton sourire, car lui seul s’estompe sans moi. J’ai pensé seul, trop longtemps, j’ai attaché à mon lit par de petites ficelles tes ailes, celle que tu portes si fièrement, celle qui me rappelle que tu planes au-dessus de moi avec tant de perfection que tes imperfections trompent mon oeil. Me briseras-tu le coeur, le corps, ce qu’il en reste? Je n’ai peur de rien, je me suis permis de rêver, un peu grâce à toi, mais cesse de tourner. Cesse de tourner sans cesse, cette valse que l’on n’a jamais dansée, où la tête nous tournais sur un air de champagne et où la nuit était à nous deux. Cesse de m’irriguer sans cesse, mon coeur battant plus rapidement, mon sang projeter aux cinq continents. Arrête encore tes yeux dans mon cou, tes lèvres sur ma joue et ta peau qui calme la mienne dans sa quête lointaine qui ne fait qu’apaiser un instant cette ferveur. Les sens ont quelque chose que les souvenirs ne calment pas, patiemment je subirais encore cette distance.
Autant la création de mythes que simplement se cacher derrière ce qu’on est pour simplement faire plaisir, pour être gentil, en oubliant d’être vrai. Les gens utilisent souvent des mots qu’ils n’assument pas et avec le temps sont pris avec ces derniers sans comprendre pourquoi. Le vice de la vertu devient bien souvent un piège duquel il est plus difficile de se déprendre que de s’y enfoncer.
Je trouve que justement le rêve est bien loin de la réalité surtout à travers le virtuel car il ne donne que du strass (qui peut durer un certain temps) et du faux à tout-va. Sauf que tout le monde n’est pas mythomane et ne s’invente pas de rôle en permanence afin de tromper un « adversaire » naïf ou tout simplement confiant pour simplement s’amuser. Et c’est en cela que le jeu est dangereux, car il crée de toutes pièces des illusions et donc des désillusions sur quelqu’un que l’on aurait tendance à idéaliser et à rêver.
La limite est bien mince entre le rêve et la réalité, entre la vérité et le fantasme, ça nous laisse tout le loisir de se tromper et de recommencer. À l’heure où la technologie omniprésente nous permets de communiquer, elle brouille aussi notre vision, notre perception de ce que c’est communiqué. On oublie encore que c’est les humains qui se cachent derrière tout cela et ça m’attriste…
C’est le rêve qui nous permet d’avancer. Les nuits nous permettent d’agrémenter nos désirs en virtualité.
Je vis ton texte, il est imprimé en moi, ce matin je me dis que j’aurai pu l’imaginer… tant il est dans ma réalité.
Garance